Bonjour à tous, toutes et aux autres aussi.
Avant toute chose, un grand merci pour vos commentaires sur les différentes pages ayant disséminé le chapitre I. Le poncif est de mise : "You rulz dudes!".
Cela fait quelques mois que 342 prend forme. Alexis et son frère m'ont balancé des tas d'ébauche, de morceaux complets, d'idées… De quoi remplir deux albums. Et ils composent encore !
Il y a quelques temps, ma plus grande hantise concernant 342 était de ne pas savoir quoi dire, et surtout, d'être redondante. Je me voyais déjà m’arracher les cheveux, paniquée à l’idée de sortir les mêmes plans de voix et aborder sans m’en rendre compte les thèmes déjà évoqués dans 2 Unlimited... Le cauchemar. Parfois l’on suit un chemin inconscient, ne s’accrochant qu’à la petite différence entre les deux solutions de l’alternative.
Mes premières idées n'ont pas du tout été pertinentes. Je me suis égarée dans la création-par-obligation, et mon humeur plutôt grise m'a forcé à puiser dans des thématiques qui ne me touchaient pas plus que ça. J'étais dans une période plus que moyenne moralement parlant, mais pas suffisamment désespérée pour que je veuille me réfugier dans mon abri créatif.
Du temps a passé, et de drôles d'épreuves (de merde) me sont tombées sur le coin du museau. Au début, le cumul a brouillé les pistes, et m'a enfoncée jusqu'au coup dans un nombrilisme souffreteux digne d'une emo en mal de barrettes Hello Kitty. Je me déteste quand je baisse les bras et que je m’apitoie sur mon sort. Puis, d'autres épreuves se sont greffées aux premières, me projetant avec perte et fracas au pied du mur. Ma vieille, on y est, ça ne peut pas être pire. Si, je pouvais éventuellement contracter un cancer du larynx, voir ma sœur morte décapitée par une bande de bûcherons canadzzziens sous acides, rencontrer Geneviève de Fontenay au réveil (au sien, pas au mien). Il y a toujours pire. Mais là, je pense que c'était déjà pas mal.
Il a fallu remonter. Prendre conscience. Se voir plutôt que se regarder.
J'ai eu une illumination particulièrement salvatrice. Je suis quelqu'un d'heureux. J'ai un métier que j'aime, une vie que je n'échangerais pour rien au monde. Tous les trésors que j’ai cumulé aujourd’hui (au sens propre comme au figuré) n’ont rien à voir avec une sorte de don de naissance. Il n’y a pas eu de bonne fée au-dessus de mon berceau (ou alors, la Fée Fagot…). Il n’y a pas eu non plus de Mauvais Génie jouissant à l’idée de venger tous ses aïeux des misères engendrées par les miens. Il y a juste une bête question de logique. Tu casses, tu paies. Tu tombes sur un connard, apprête-toi à souffrir. Tu marches dans la merde, l’odeur te suivra un moment. Plus tu connais de gens, plus il y a des chances que tu ailles à des enterrements. Mariages également. Plus tu vas attendre un signe du destin, plus tu stagneras. Il n’y a aucun secret. Aucune magie. Rien de superstitio-religieuso-épéededamoclesque.
Je me suis entretenue avec deux témoins de Jéhovah il y a environ deux semaines. Je sortais de la douche, j’étais trempée des pieds à la racine des cheveux quand la porte a sonné. Croyant à une visite du facteur, j’ai ouvert la porte. Grand mal m’en a pris, je suis tombée nez à nez avec une paire de couilles illuminées.
« Nous aimerions nous entretenir avec vous blablabla, les questions que tout le monde se pose, blablabla… Par exemple, où vont les morts ? »
J’ai eu envie de répondre « Sous terre ». Et puis, je me suis dit qu’ils chercheraient à me vaporiser le crâne avec leurs idéaux d’élévation spirituelle. Ils ont fini par me laisser un fascicule que j’ai soigneusement épluché pour voir à quel point la bêtise humaine peut embrigader les foules. Je me souviens avoir lu ce splendide gros titre : « Il faut craindre Dieu, mais il ne faut pas craindre l’homme. ». Bien. Soit. La religion étant à la base une sorte de leçon d’amour, de fraternité et d’ouverture à autrui, je trouve que l’idée de craindre Dieu est tout de même une putain de façon de rendre l’homme esclave d’une soi-disant toute puissance. L’homme ne doit pas être un Esclave. Il ne doit être l’esclave de Personne. Dieu ou pas, l’homme ne doit en aucun cas épouser une quelconque forme d’esclavage. N’étant pas croyante, j’ai été plutôt effarée en voyant cette formule. Elle a un côté dictatorial. Crains, ô toi, homme, crains le courroux de Dieu le père, lui qu’y t’a façonné avec des boulettes de mie de pain et qui t’as mis un cure-dent dans le cul pour que tu tiennes à peu près debout sur le zinc où il sirotait son demi/saucisson sec. Sans déconner. J’ai lâché l’affaire, pas eu envie de faire face à cette sorte de paix en céramique qui ne passe pas au micro-ondes. Alors pourquoi cette histoire (« c’était vraiment très très intéressant ! »). Parce que. Parce que la petite boulotte enlunettée jusqu’aux sourcils qui me balançait ses poignées d’amour gras aux yeux et ses brouettes d’amour divin au cerveau n’a pas pu s’empêcher de me poser la question fatale qui régit 90% de nos actions –il faut savoir que les témoins de Jéhovah savent la réponse, par contre. Si, si, eux, ils savent, c’est marqué dans leur fascicule- : « Pensez-vous que le destin existe et que tout est écrit. »
Voilà ce que je lui ai lâché au bout du quart de secondes de réflexion. Si tout est écrit, ça veut dire que vu comme on en chie tous ou quasi tous, on aura le droit d’être canonisés et d’apparaître une fois par an au-dessus de l’épaule de Médèèème Météo. « Aujourd’hui, c’est la St Steven Seagull ». Avec une filmographie aussi peu reluisante, le monsieur aurait droit à sa part de Paradis. Et ben non, non, non. Il n’y a rien de magique. Prend une pomme. Lance-la. Où va-t-elle retomber ?
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